HDSLR et Grand Froid

Passer 3 semaines en Laponie, ça m’en a appris des choses sur la photographie et la vidéo par grand froid ! Il est temps de partager avec vous cette expérience, de vous parler des problèmes rencontrés et des astuces trouvées !

Commençons par le matériel photo/vidéo !

– Au niveau des accessoires, j’étais munie d’un trépied Alta Pro 263 de Vanguard. Il reste assez grand même replié, vous me direz que pour le voyage ce n’est pas tip-top, seulement lorsqu’il y a 1 mètre de neige et que le trépied s’enfonce jusqu’à la tête, sa hauteur devient alors un grand atout pour surélever l’appareil ! De plus il est munit de mousses, non négligeable par grand froid si l’on veut éviter à sa main ou son gant de soie de rester coller sur le carbone.

– Mon boîtier est un reflex Canon 60D, choisi pour son écran orientable très utile pour la vidéo, et sa qualité vidéo ! Son boîtier et ses batteries sont plus costauds que le 600D, et le prix est nettement plus abordable que le 7D ! Et sachez que par -25° nous n’avons pas été déçus par ce HDSLR ! Pour les batteries : j’en avais 5 (sait-on jamais)… Mais au final elles ont très très bien tenues, 2 ou 3 auraient suffit. Sachez que si une batterie est déchargée cause froid, il vous suffit de la mettre au chaud, dans une poche intérieure de votre pull par exemple. Le simple contact à la chaleur de votre corps, lui fera retrouver un peu de vitalité !

Par très grand froid et grand vent, l’écran LCD lague un peu, mais rien de bien méchant : l’appareil se déclenche quand même et la vidéo finale est nickel ! Pas de soucis non plus côté photo.

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– Avez-vous déjà essayé de prendre en photo un paysage enneigé avec un appareil photo compact ? La neige paraîtra terne, grisâtre… La neige, l’hiver et ses ambiances, sont assez difficiles à prendre en photo ou à filmer. Il faudra bien doser son exposition entre le paysage très blanc et les sujets (arbres, personnes) beaucoup plus sombres. La solution pourra quelques fois être le HDR : prendre sur pied une même photo en série avec différentes expositions, et mixer tout ça en post-production (ouuuh ce résumé !). Seulement quand le sujet est un chien qui bouge vite ou que vous souhaitez filmer, la question reste entière.

D’où vient ce problème de neige grisâtre pour commencer ? Le système de mesure d’intensité de lumière de votre appareil ne sait pas gérer une telle intensité : la neige, par sa couleur et sa matière, réfléchit intensément la lumière. Un « sujet moyen » renvoie X quantité de lumière, votre appareil calcule ainsi. Votre neige paraîtra donc grise ou sombre car elle est évaluée comme un « sujet moyen », or elle réfléchit tellement plus ! Sur-exposez donc de +1 à +2IL vos photos, et vous verrez la différence 🙂

De mon côté j’ai opté pour des fonds bien surexposé, des blancs qui « pètent », des images très lumineuses afin d’avoir des sujets toujours bien exposés. Par contre pour les paysages, j’essayais d’avoir un maximum de détails dans les blancs, sans pour autant assombrir la neige.

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– Lors des timelapses longue durée, ou sur le traîneau avec la brise, l’appareil se retrouvait parfois complètement givré, cela n’altérait en rien ses capacités, le problème se pose lorsqu’il faut le réintroduire dans un lieu chauffé. Les différences de températures, l’électronique ça n’aime pas ça ! J’ai tenté tout d’abord d’emballer l’appareil dans un sac plastique ou sac de congélation alimentaire, afin qu’il reprenne la température ambiante par étape et non pas brusquement. Le givre retombait alors en eau et l’eau restait en partie collée au sac plastique… Ou au boîtier.

Ne voulant pas que l’eau s’infiltre dans les circuits, j’ai alors choisi une autre solution : j’enroulais l’appareil dans une toute petite serviette en micro-fibre (très absorbante et ne boulochant pas) puis dans un sac plastique ! L’eau était alors absorbée par la serviette et l’appareil reprenait doucement une température « normale ».

– J’ai tenté de protéger mon boîtier, qui n’est pas tropicalisé (n’a pas de joint d’étanchéité), avec une housse en néoprène (de nouvelles housses plus adaptées sont sorties) qui recouvre totalement le boîtier. Il en existe de forme différente pour protéger également tous vos objectifs ! Seulement cela complique la maniabilité de votre appareil. De plus ces housses contiennent l’appareil avec son grip, et n’ont pas de fente pour libérer la vis de trépied… Donc housse = plus d’écran orientable, reflets affreux dans l’écran, et pas de possibilité de mettre l’appareil sur trépied. La housse ne me servait donc qu’en cas de tempête, pour éviter au boîtier de recevoir trop de flocons.

L’appareil a chuté une fois dans la neige, sans sa housse. Mais la neige de Laponie est beaucoup plus légère que celle de France, une sorte de sucre en poudre, impossible de faire des boules de neiges avec, elle fond moins vite et se compacte moins. J’ai juste eu a souffler sur le boîtier pour faire s’envoler les flocons, et ce fut tout !

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Et nous dans tout ça ? Si l’appareil a froid, nous encore plus !

Pensez à bien vous couvrir quand vous partez faire des photos en hiver. Pensez à emporter avec vous un thermos d’eau chaude (thé ou café sucrés), un encas, et des allumettes pour faire un feu en cas de problème !

Le primordial c’est de bien couvrir ses « extrémités » : couvrir ses oreilles, ses mains, ses pieds. Et prévoir des sous-vêtements techniques qui évacuent la transpiration ! Sachez que c’est la chaleur de votre corps qui vous sera d’un plus grand secours que n’importe quelle polaire ! Privilégiez donc les matières qui réfléchissent votre propre chaleur. Le plus compliqué ce sont les mains : des gants de soie pour manipuler l’appareil, soit. Ou des gants en polaires s’il fait trop froid. Les moufles sont de mise aussi par -25°. Mais dans les moufles, ce qui fait que vous avez chaud, ce sont vos doigts qui se réchauffent entre eux. Si vous avez mis des gants de soie à l’intérieur des moufles, vos mains ne se réchaufferont pas et de plus les gants garderont le froid de l’extérieur !
Ma solution était de garder mes moufles en cuir doublés de polaire, et ma paire de sous-gants dans la poche. Dès que je voulais filmer, je pouvais le faire mains nues quelques minutes par -10 ou -15°, mais dès que les températures descendaient en dessous, j’enfilais ma paire de sous-gants, que je retirais avant de remettre mes moufles. Une petite chaufferette de poche peut aider à se réchauffer ! Ou soufflez tout simplement dans vos moufles.

Personnellement j’ai énormément appris en pratiquant, et en lisant des magazines spécialisés photo/voyage. Mais je n’en suis qu’au début. J’ai fait beaucoup de progrès en un an, mais je suis encore tellement loin du résultat que je souhaite avoir, qu’il me tarde de repartir avec mon appareil !

Il me semble avoir tout dit, n’hésitez pas à poser vos questions, sur ce je me remets au montage du docu’ 🙂 Et à vous de jouer !

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