Climat tropical : comment bien protéger son matériel ?

« Ahhh un petit article de technicien de l’audiovisuel, enfin ! »

Si, je sais que c’est ce que vous vous dîtes. Lors de Borealis, on vous avait déjà parlé des conditions de tournage, et de bien protéger son matériel par grand froid. Quid du climat tropical sur le reflex numérique ? Quelques conseils pour les amoureux de la photo ou de la vidéo, qui partent en Asie en pleine mousson, ou en Amérique du Sud !

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Les changements de températures, voilà l’ennemi numéro 1 de votre appareil. De même qu’en Laponie il fallait faire attention à bien protéger son appareil lorsqu’on rentrait au chaud, en Guyane il a fallut faire attention lorsqu’on sortait d’un endroit climatisé. Pour éviter que la buée ne s’installe sur le boitier et la lentille, pour retomber en eau dans les circuits (« et là…c’est le drame, c’est là…que tout bascule« ) : on emballe bien son appareil et ses objectifs dans une matière absorbante (serviette micro-fibre ou même essuie-tout) puis on le range dans un sachet de congélation (ou tout autre solution de rangement hermétique). Ça permet à l’appareil de prendre la température ambiante par palier, et de laisser la buée s’installer sur la matière absorbante et non sur lui ! Wohoo !

Deuxième chose : absorber l’humidité le jour, la nuit. Absorber l’humidité toujours. Tel sera votre mot d’ordre !

90% d’humidité en Guyane et 30°C, on était moite H-24. Donc si c’est peu agréable pour nous (et pas très glam’), c’est surtout très dangereux pour vos appareils : apparition de champignon sur les lentilles des objectifs, infiltration dans le boitier et court-circuit, surchauffe…

Quelques solutions cependant sont possibles :

– Les sachets de Silica Gel, en vente chez Le Cirque (on a fait le tour de Paris avant d’aller en acheter là-bas. Donc gardez l’adresse sous le coude). Vous savez, ce sont ces petites billes dans des sachets, qui absorbent l’humidité. Vous en avez peut-être dans vos cartons de chaussures, dans des sacs que vous avez acheté… Mais pour moins de 10 euros, vous pouvez en trouver des gros ! Il suffit d’en mettre un par sac de matériel, et de le sécher toutes les semaines. Pour ça, rien de plus simple : 10 secondes au micro-onde, pas plus. Sinon ça devient du pop-corn. Après chacun ses goûts.

– Les caches BRNO. LA trouvaille de l’année. Ça se vend sur Amazon. C’est un peu cher, du coup je vous laisse découvrir le prix par vous même. Pas d’malaise ici, merci. Les caches vont donc remplacer vos caches Canon, Nikon, Tamron, Sigma.. que sais-je. Ils seront un peu plus épais pour contenir de petits sachets de Silica (encore eux ?!) et du coup absorber toutes l’humidité déposée sur les lentilles, les miroirs, les capteurs. Tout ça quoi. C’est vendu avec les sachets de Silica, ça c’est bien.

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Je vois des sachets de Silica Gel dans mes rêves.

Sinon, n’hésitez pas à vous trouver un endroit climatisé, au moins une fois par semaine. Vous déposez vos sacs de matériels au frais, vous les ouvrez, et vous laissez sécher un peu vos boitiers et objectifs.

Enfin n’oubliez pas d’avoir sur vous, toujours, un sac étanche ou une poche étanche pouvant contenir l’appareil. Vous en trouverez dans les magasins de sport, spécialement côté navigation. Indispensable si vous êtes en forêt et que vous prenez une bonne douche tropicale de 10 minutes. Par contre n’oubliez pas toute une nuit votre appareil dedans, vue que c’est hermétique, l’humidité s’accumule et ça devient un vrai hammam à l’intérieur. Vous risqueriez de retrouver l’appareil dans un sale état !
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Nous n’avions pas de boitiers ni d’objectifs tropicalisés. J’ai toujours trouvé que c’était un argument marketing. La tropicalisation du matériel, c’est le fait que votre boitier ou objectif possède des joints qui empêchent l’humidité de s’infiltrer dans les circuits. Mais il me semble que jusqu’ici aucun boitier 100% hermétique n’existe. Et notre matériel à tenu le choc tout de même. Hourra ! D’ailleurs qu’avions-nous ?

Un Canon 5D Mark II, un Canon 5D Mark III, et 4 objectifs Sigma : 50mm 1.4, 12-24mm, 70-200mm 2.8 stabilisé, 24-70mm 2.8. On était prêt pour chaque condition de prises de vues : animalière, sombre, paysage, interviews… Sans se charger inutilement, nous n’avons jamais manqué d’une focale ou d’une ouverture. Pour avoir survécu à la jungle, aux marais, aux fleuves, à la plage… Je peux vous dire que nos objectifs étaient costauds. Le 24-70mm a plongé dans le sable, le 70-200mm a glissé dans la boue. On peut prendre soin du matériel autant qu’on veut, nous ne sommes pas Maîtres des éléments naturels. Alors les petits dérapages qui causent beaucoup de dégâts, ça arrive. Surtout sur 3 semaines de tournage non stop, avec peu d’heures de sommeil, il arrive que la concentration parte en pause dej en plein tournage. Et bien malgré tout ça, pas de grosse casse, et le matériel est revenu entier, et fonctionnel ! (applaudissements, standing ovation, ola…)

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Un immense merci à Sigma, notre super partenaire sur ce projet ! Les bagues de mises au point sont fluides, le piqué toujours là, la gestion des couleurs rend bien hommage à ce que l’on a vu en Guyane… Et le tout à l’épreuve du climat. Nous n’avons jamais été déçus par le rendu et la prise en main des objectifs. Un vrai bonheur de travailler dans de si bonnes conditions. Et un vrai bonheur d’être soutenus par une marque qu’on apprécie depuis qu’on travaille dans l’audiovisuel. Si ça, c’est pas une belle récompense face au travail accompli depuis Borealis… 🙂

E19A7318On avance sur le montage depuis notre retour, donc prochainement…quelques images (on ne s’avance pas sur une date précise hein, la vie d’intermittents réserve bien des surprises !). On est toujours autant motivés et impatients de vous montrer le rendu !

Azy garde la pêche.

À très vite,

Tania & Guillaume

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